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e mordançage : une étape clé de la teinture textile. Dans l’univers de la teinture textile, et plus particulièrement de la teinture végétale, le mordançage occupe une place centrale. Souvent méconnu ou perçu comme une étape secondaire, il est pourtant déterminant pour la fixation, la durabilité et l’intensité des couleurs sur les fibres naturelles. Comprendre le rôle du mordançage, ses principes et ses différentes méthodes permet non seulement d’améliorer la qualité des teintures, mais aussi d’adopter une pratique plus consciente et maîtrisée.

Qu'est ce que le mordançage ?

Le mordançage est une préparation préalable du textile consistant à traiter les fibres avec une substance appelée mordant.
Ce mordant agit comme un agent de liaison entre la fibre textile et le colorant. En d’autres termes, il permet à la couleur de s’ancrer durablement dans la matière, au lieu de simplement se déposer en surface.
Sans mordançage, la plupart des teintures végétales donnent des couleurs ternes, instables ou sujettes à un dégorgement rapide au lavage ou à la lumière.

Pourquoi le mordançage est-il indispensable ?

Le mordançage remplit plusieurs fonctions essentielles :
Fixer la couleur sur la fibre et limiter la décoloration
Renforcer l’intensité et la profondeur des teintes
Améliorer la résistance aux lavages et à l’exposition lumineuse
Modifier ou enrichir la nuance finale, selon le mordant utilisé
Un même bain de teinture peut ainsi produire des résultats très différents selon le mordant employé : une teinte plus chaude, plus froide, plus sombre ou plus lumineuse.

Quelles fibres nécessitent un mordançage ?

Le mordançage concerne principalement les fibres naturelles, et plus particulièrement :
Les fibres d’origine végétale : coton, lin, chanvre
Les fibres d’origine animale : laine, soie
Les fibres synthétiques, quant à elles, ne réagissent pas de la même manière aux mordants traditionnels et nécessitent des procédés spécifiques, souvent chimiques.

Les principaux types de mordants

Il existe plusieurs catégories de mordants, dont l’usage dépend à la fois du rendu recherché et des considérations écologiques.
Les mordants minéraux

Les mordants minéraux

Les plus couramment utilisés sont :
L’alun (souvent associé au crème de tartre pour les fibres animales)
Le fer, qui assombrit et grise les teintes
Le cuivre, qui tire les couleurs vers des tons verts ou bleutés

L’alun est de loin le mordant le plus répandu, car il est relativement doux pour les fibres et offre une bonne stabilité des couleurs.
Les mordants tanniques
Les tanins sont issus de plantes riches en composés astringents (gallnuts, écorces, feuilles, thé, etc.).
Ils sont particulièrement utiles pour les fibres végétales, souvent plus difficiles à teindre que la laine ou la soie.
Les mordants dits « naturels »
Certaines plantes, riches en tanins ou en composés fixants, peuvent jouer un rôle de mordant partiel.
Bien que plus doux et intéressants d’un point de vue écologique, ces mordants naturels offrent généralement une fixation moins durable que les mordants minéraux classiques.

Les mordants tanniques

Les tanins sont issus de plantes riches en composés astringents (gallnuts, écorces, feuilles, thé, etc.).
Ils sont particulièrement utiles pour les fibres végétales, souvent plus difficiles à teindre que la laine ou la soie.

Les mordants dits « naturels »

Certaines plantes, riches en tanins ou en composés fixants, peuvent jouer un rôle de mordant partiel.
Bien que plus doux et intéressants d’un point de vue écologique, ces mordants naturels offrent généralement une fixation moins durable que les mordants minéraux classiques.

Mordançage, avant ou après la teinture

On distingue principalement trois approches :
Mordançage préalable : la plus courante, offrant une bonne fixation
Mordançage simultané : mordant ajouté directement dans le bain de teinture
Mordançage post-teinture : utilisé surtout pour modifier une teinte existante (par exemple avec le fer)

Chaque méthode influence subtilement le rendu final et fait partie intégrante du langage du teinturier.

Enjeux écologiques & bonnes pratiques

Le mordançage soulève également des questions environnementales. Certains mordants métalliques peuvent être polluants s’ils sont mal utilisés ou rejetés sans précaution.

Il est donc essentiel de :
Respecter les dosages recommandés
Réutiliser les bains lorsque cela est possible
Neutraliser et éliminer les résidus de manière responsable

De plus en plus d’artisans explorent aujourd’hui des alternatives plus douces, cherchant un équilibre entre qualité chromatique et impact environnemental réduit.

Conclusion

Le mordançage n’est pas une simple formalité technique : il constitue le fondement même de la teinture textile durable.
Maîtriser cette étape, c’est accepter que la couleur soit le fruit d’un dialogue patient entre la fibre, le mordant et le pigment.
Un savoir-faire ancestral, à la fois rigoureux et poétique, qui invite à ralentir, observer et respecter la matière.

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